Un jeune agriculteur passionné par son métier, classique dira-t’on.  Mais un jeune agriculteur qui parle posément revenus, temps libre, et organisation du travail… c’est moins courant non ? retour sur une rencontre détonante avec Jean-Baptiste Coste, « chef d’entreprise passionné » !

« J‘ai toujours voulu être agriculteur ! » annonce d’emblée Jean-Baptiste COSTE avec un sourire épanoui. « Etre agriculteur, c’est une passion. Dès que j’ai quitté le collège, j’ai voulu faire un bac pro et un BTS ACSE. Pour moi, les choses ont toujours été très claires : j’avais envie de devenir agriculteur ! ». Il s’installe donc en janvier 2016 en individuel, sur 21 hectares. Une situation intermédiaire qui lui permet de réaliser son objectif : rejoindre en 2018 le GAEC familial, avec son père et son oncle. Le GAEC Coste compte désormais 200 hectares et 140 vaches laitières en itinéraire bio, ainsi que le méthaniseur collectif d’AgritexiA.

« Je suis agriculteur, ça veut dire que je suis chef d’entreprise. »

Jeune et fraîchement installé après ses 3 ans d’apprentissage, Jean-Baptiste souligne qu’il a encore énormément à apprendre. Pour autant, il porte sur son métier un regard dont la maturité peut étonner. « Quand on est jeune, c’est plutôt la conduite de tracteur qui attire, le matériel. Mais il ne faut pas oublier qu’être agriculteur, aujourd’hui, c’est aussi du pilotage d’entreprise, de la gestion. C’est tous ces aspects qui m’intéressaient le plus pendant les études. Mettre en place des choses, réfléchir à son système…  gérer le robot de traite à une seule personne, par exemple. Les animaux et les cultures me passionnent, je ne veux pas choisir entre les deux ! Donc je réfléchis toujours pour optimiser le travail et être efficace. »

« Le GAEC familial, c’est une force pour moi ».

Jean-Baptiste Coste dresse les grandes lignes des évolutions du GAEC : « je veux aller vers moins de labour, pour le sol et le temps de travail. Je veux également maintenir un niveau de production élevé, et optimiser nos investissements. On est vraiment sur les mêmes options avec mes deux associés ». Évidemment, nous avons posé la question du travail en collectif, et a fortiori en collectif familial… plus simple ou plus compliqué ? « Pour moi, clairement, bosser en collectif c’est plus intéressant ! » affirme Jean-Baptiste ; « on peut confronter ses idées, discuter des choix… tout seul ça me ferait plus peur, surtout sur la charge de travail…  »

D’accord, mais travailler avec son père et son oncle, ça doit être un compliqué, non ? « Le GAEC familial, c’est vraiment une force pour moi. On a la chance d’avoir une belle entente ; on a des tempéraments différents mais on échange toujours pour les prises de décision. Déjà pendant mon apprentissage sur la ferme je pouvais donner mon avis. On discute beaucoup, il n’y a pas de conflit. »

« La gestion du temps, c’est super important ».

Et le temps de travail, dans tout cela ? Décidément, c’est une question centrale pour Jean-Baptiste Coste, comme pour les autres associés du GAEC. « Le temps de travail, c’est super important. Sur le GAEC, je pense qu’on peut encore gagner en efficacité. Il faut savoir faire la différence entre les choses importantes et les choses urgentes.(…) Prendre des vacances, c’est important, prendre du temps, arriver à décrocher. Moi, quand je pars, je suis content de partir, et content de revenir ! » explique Jean-Baptiste.

« Gagner ma vie avec un boulot qui me passionne ».

Car si Jean-Baptiste a choisi son métier, ce n’est pas à n’importe quel prix. « J’ai des copains d’études qui se projettent dans une exploitation avec un revenu de 4 ou 500€. Ca veut dire rester chez les parents, pas de projet personnel… Bon, clairement, ça ne tient pas la route à long terme !  » Du coup, le bio est un choix de conviction, et un  choix de  simple logique quand on regarde les revenus. « Ca peut paraître bête ou présomptueux à dire, mais je veux vivre de mon métier. Gagner ma vie avec un boulot qui me passionne ».

« C’est à nous de nous prendre en main »

Jean-Baptiste est évidemment conscient des difficultés structurelles de la filière lait, et de l’agriculture en général. Il cite sans surprise les prix, la lourdeur administrative, les investissements dont on ne voit le retour qu’à long terme… Et à cela, il répond par une vision lucide et dynamique : «  Il ne faut pas attendre que les autres sauvent notre métier, c’est à nous de nous prendre en main, de mettre en place des choses, de piloter notre entreprise, c’est primordial pour la vie de notre exploitation !  Il faut que notre structure soit pérenne, il faut gagner notre vie. Pour moi, c’est avoir une vision positive qui fait avancer, il faut voir les choses favorables, et se battre pour améliorer la situation. »

Merci à Jean-Baptiste Coste, Associé au sein du GAEC COSTE, 07 Cheminas.